Lorsque je lis les témoignages, j'avoue que c'est avec une grande nostalgie que je replonge dans ce qui a été pour moi l'opération Daguet. J'ai seulement 21 ans quand Mitterand annonce l'envoi d'un corps expéditionnaire en Arabie Saoudite. Dans son allocution, il précise l'envoie de sections MISTRAL. C'était le 15 septembre 1990 et comme la B4 du 35ème RAP de Tarbes est en alerte guépard, avec des potes, je quitte la salle télé comme un dératé. Nous sommes vite stoppé par l'adjudant d'unité, car comme nous il sait ce qui va arriver. Oui nous allons partir mais quand? Le CDU fera son annonce au rassemblement de la batterie et s'en suivra alors une semaine exceptionnelle. Ce même week-end de l'annonce du président, le 35 est en peine portes ouvertes, à peine croyable de voir les civiles visiter le régiment pendant que l'on s'affaire à préparer les véhicules pour la mise en peinture couleur sable. Ma petite amie est là avec mes meilleurs amis venus de Sète pour l'occasion. De le raconter ça me fait bizarre, j'ai l'impression de revivre ces moments tellement ils sont en moi! Une section, la SA1 à envoyé ses camions (TRM2000) et P4 pour être peints à Toulouse, l'autre section est restée à Tarbes pour leurs véhicules et pendant ce temps, tous les pointeurs et chefs de pièces sont partis à Toulon pour une formation rapide sur le missile MISTRAL. Ils nous feront la formation lors du séjour. Après le trajet dont une halte à Nîmes, nous embarquerons à Toulon à Bord de l'Esterel le 22 pour appareiller le 24. Les véhicules seront quant à eux dans le bateau l'ile de la réunion et les précurseurs avec. Dès le départ du RGT, se seront d'innombrables photos qui seront prises, albums très précieux aujourd'hui. Nous arriveront à... Lire la suite
Lorsque je lis les témoignages, j'avoue que c'est avec une grande nostalgie que je replonge dans ce qui a été pour moi l'opération Daguet. J'ai seulement 21 ans quand Mitterand annonce l'envoi d'un corps expéditionnaire en Arabie Saoudite. Dans son allocution, il précise l'envoie de sections MISTRAL. C'était le 15 septembre 1990 et comme la B4 du 35ème RAP de Tarbes est en alerte guépard, avec des potes, je quitte la salle télé comme un dératé. Nous sommes vite stoppé par l'adjudant d'unité, car comme nous il sait ce qui va arriver. Oui nous allons partir mais quand? Le CDU fera son annonce au rassemblement de la batterie et s'en suivra alors une semaine exceptionnelle. Ce même week-end de l'annonce du président, le 35 est en peine portes ouvertes, à peine croyable de voir les civiles visiter le régiment pendant que l'on s'affaire à préparer les véhicules pour la mise en peinture couleur sable. Ma petite amie est là avec mes meilleurs amis venus de Sète pour l'occasion. De le raconter ça me fait bizarre, j'ai l'impression de revivre ces moments tellement ils sont en moi! Une section, la SA1 à envoyé ses camions (TRM2000) et P4 pour être peints à Toulouse, l'autre section est restée à Tarbes pour leurs véhicules et pendant ce temps, tous les pointeurs et chefs de pièces sont partis à Toulon pour une formation rapide sur le missile MISTRAL. Ils nous feront la formation lors du séjour. Après le trajet dont une halte à Nîmes, nous embarquerons à Toulon à Bord de l'Esterel le 22 pour appareiller le 24. Les véhicules seront quant à eux dans le bateau l'ile de la réunion et les précurseurs avec. Dès le départ du RGT, se seront d'innombrables photos qui seront prises, albums très précieux aujourd'hui. Nous arriveront à Yanbu le 30 septembre et après trois jours de préparatifs, nous parcourrons 1200km pour rejoindre le désert d'Hafar El Batine où nous monterons le camps de MIRAMAR. Petit à petit le séjour s'organise sous les tentes modulaires, remplaçantes des modèles 56. Prise de poste de surveillance sur les différentes positions de guet anti aérien, prise de la garde au camp et biensur le repos nécessaire. Il faut savoir qu'au début, l'incertitude concernant la durée était de mise. Il y avait eu des rumeurs, 1 an, 9 mois puis ce seront seulement 6 mois que l'ont aura fait. Manip de desserrement, vol en hélico, instruction, même passer son CME étaient gage d'occupation en dehors du quotidien. La cohésion a été un lien très fort et avec, le courrier qui suivait, même si parfois nous attendions longtemps pour recevoir les colis. Le climat était chaud, très chaud et la nuit très frais. Le ciel voyait passer des avions de la coalition, il voyait aussi les soldats français monter la garde et monter en puissance. La musique était notre refuge, ça a d'ailleurs commencé très tôt, lors du trajet jusqu'au désert! Je dormais sur la bâche de mon TRM 2000, le 012 et le matin, c'était au son d'une K7 mise par mon chef de groupe que j'ouvrais les yeux. J'ai même pu acheter cet album il y a quelques années et je l'écoute de temps en temps. Nous l'appelions la guerre du Golfe, nous étions partis en guerre en laissant nos familles sans jamais être sûr de revenir puis, ce témoignage atteste du contraire et en même temps, j'ai une pensée pour tous ceux qui ne sont plus parmi nous, vous les anciens de Daguet qui nous ont quitté! J'ai plusieurs histoires réelles de cette belle aventure, peut-être reviendrai-je pour les publier, en attendant celle-ci sort tout droit de mon coeur, de mes tripes car à jamais je suis un ancien de Daguet et à jamais de je fais parti, comme mon père auparavant des anciens combattants. Mon père était si fier, lui, cet ancien d'indo, d'Algérie.... Il m'avait dit que c'était mon époque, que j'accepte de la vivre et que je pouvais être fier moi, d'avoir aussi le sens du devoir accompli, je vous rassure, c'est le cas encore aujourd'hui. Il y aurait tant à dire, comme cette nuit du 17 au 18 janvier lorsque nous sommes rentré en IRAK avec les black out, un temps fou pour parcourir si peu de kilomètres mais nécessaire pour ne pas y rester sur le trajet miné apparemment. Comme cette rencontre insolite en plein désert irakien avec les CRAPS (GCP) du 35, tous dans leur VLRA et moi de les filmer. Seulement on apprendra le lendemain l'explosion d'une CUSTER BOMBE qui tuera deux CRAPS du RPIMA et en blessera plusieurs, dont certains du 35. Qu'aussi chaque progression sur ce sol rocailleux nous verra se mettre en batterie pour protéger la compagnie du SPAHIS qui avançait devant nous. En effet ma section, la SA1 était détachée avec le SPAHIS, la SA2 avec le REG quand les sections, du 68ème et 11ème RAMA étaient détachées avec d'autres compagnies. Nous avons vu notre batterie renforcées par ces deux sections en octobre 90. La mission a été remplie, parfois c'était difficile, le temps était long, malgré la garde etc. Il fallait s'occuper, continuer de rire et je me souviens de chaque matin au réveille, moi qui dormait sur les six containers des missiles. Je voyais mes potes sortir de leur tente, salut Gillou, salut Tony, Domi et ainsi de suite. La chaleur, la fraicheur, la douche prise dans des douches de décontamination NBC, seule solution pour nous sortir de notre bassine. Cette fin de guerre éclair avec les soldats IRAKIENS qui se rendaient pour demander à manger et cette fin d'aventure pour nous qui étions là-bas. Oui il y aurait tant à écrire alors je reviendrai très certainement. Je suis Gilles, j'étais l'artilleur parachutiste de 1ère classe Pierrot et conducteur PL lors de cette opération. J'avais 21 ans, j'étais insouciant, désinvolte c'est vrai mais je suivais les ordres, j'étais prêt à mourir pour mon pays, j'étais prêt à défendre celui que l'on était venu protéger et au péril de ma vie. Je n'avais pas si peur, l'âge aidant sans doute à cette volonté manifeste d'être et de durer. J'ai vécu cette guerre droit devant comme la devise de mon régiment, j'ai accepté cette guerre comme celle qui est la nôtre, nous les anciens de Daguet. Notre batterie a été de retour à Tarbes fin mars 91 et c'est avec les honneurs que l'on a été accueillis. Les larmes de mon père m'ont aussi montré cet homme qu'il était derrière sa carapace, une façon bien à lui d'être fier et de m'aimer à travers ce béret qu'il avait porté longtemps avant moi. Papa, où que tu sois, je suis moi aussi fier de toi et je t'aime à travers ce béret amarante que j'ai installé sur mon mur des souvenirs. Oui j'ai ton béret, ton brevet 48802 à côté du mien 525841 et j'ai tes médailles qui s'alignent aux miennes parce qu'un jour, notre destin Français nous a appelé sur des contrés lointaine et de nos mémoires aujourd'hui, j'en fait mienne. A nous tous qui avons participé à cette guerre du golfe, je vous rends hommage et très certainement ici ou ailleurs, les âmes sont devenus nos frères d'armes. Le 31 avril 2021 a été célébré au 35ème RAP une cérémonie pour nous rendre hommage, une célébration qui nous aura, mes camarades et moi-même, vu verser des larmes parce que 30 ans s'étaient écoulés et lorsque la 4ème batterie a chanté Adieu suisse, notre chant, nous nous sommes tous revus sur la place d'armes à nos 20 ans, étincelant, insouciant et conquérant. Des jeunes venus de tout horizon avec pour seule ambition, les couleurs bleu blanc rouge que l'on a représenté durant des années. Merci de m'avoir lu si vous êtes arrivés jusqu'ici. A jamais je suis cet ancien de l'opération Daguet.... Replier












